Lyon : Quand la science se transforme en spectacle en trois minutes

Un défi scientifique de taille à Lyon
De Mars à l'ADN, en passant par l'économie et l'écologie, douze doctorants lyonnais ont relevé le défi de présenter leur thèse en seulement trois minutes.
Ma Thèse en 180 secondes (MT180) est un concours international francophone qui met en lumière la capacité des chercheurs à vulgariser leur savoir. Inspiré du Three Minute Thesis (3MT), initié au Québec et soutenu en France par France Universités et le CNRS, cet événement propose un format à la fois simple et exigeant : trois minutes pour rendre compréhensibles plusieurs années de recherche.
Un véritable stand-up scientifique
Sur scène, chaque doctorant dispose d'un seul support visuel et se retrouve face à un public curieux. Leur mission ? Captiver, expliquer et convaincre. Dans ce cadre stimulant, les participants se succèdent devant un jury composé de chercheurs, de journalistes et d'acteurs du milieu académique, mais également d'un public non spécialiste. Ici, le jargon scientifique est banni au profit d'une approche narrative et pédagogique.
Lyon Capitale, partenaire engagé
En tant que média partenaire de l'événement, Lyon Capitale s'investit depuis plusieurs années pour donner la parole à ceux qui façonneront la science de demain. Ce concours met en avant à la fois le talent des chercheurs et l'importance du stand-up scientifique pour rendre la connaissance accessible à tous.
La finale : des performances remarquables
La 13e édition de la finale lyonnaise de Ma Thèse en 180 secondes s'est tenue jeudi soir dans le Grand amphithéâtre de l'Université de Lyon (Lyon 7e), devant un public enthousiaste de près de 500 personnes. Douze candidats se sont affrontés pour tenter de décrocher l'un des quatre prix mis en jeu.
Les lauréats
- 1er Prix du jury : Sasha Darmon, doctorant en bio-informatique
Intitulé de sa thèse : Développement de modèles et d’algorithmes pour la gestion des répétitions dans l’assemblage de novo de transcriptomes
Résumé : L'ADN est comme un gigantesque puzzle, mais certaines espèces présentent de nombreuses pièces identiques, rendant leur analyse complexe. Je développe donc des algorithmes pour démêler ces régions génétiques. - 2e Prix du jury : Inès Torres Auré, doctorante en géologie
Intitulé de sa thèse : Enregistrement sédimentaire de l'ancien Mars (Noachien)
Résumé : Ma thèse étudie les environnements sédimentaires de Mars il y a 4 milliards d’années et les processus d’altération liés à l’eau. Elle contribue à la mission ExoMars, prévue pour 2030. - 3e Prix du jury : Elodie Corvaisier, doctorante en sciences économiques
Thématique : Normes sociales de genre, déplacements forcés et transformation des croyances en contexte humanitaire
Résumé : Cette thèse analyse comment les déplacements liés aux attaques terroristes influencent les normes de genre au Burkina Faso, en identifiant des leviers pour réduire des pratiques néfastes. - Prix du public : Célia Lacomme, doctorante en écologie évolutive
Intitulé de sa thèse : Comprendre les conséquences de l'anthropisation sur le microbiome intestinal et la santé des babouins chacma
Résumé : Ma recherche vise à comprendre l'impact des perturbations humaines sur la santé de cette espèce de primate en Afrique du Sud.
Un événement révélateur
Au-delà de la compétition, MT180 encourage une réflexion sur la communication scientifique. Plusieurs doctorants ont partagé leurs expériences et leurs motivations lors de cet événement :
- Aurélie Guinot : "La vulgarisation est un merveilleux outil d’information".
- Angèle Denis : "Je trouve important de mieux représenter les femmes dans les sciences".
- Claudia Schiavini : "C’est en partie ce qui m’a aidée à me projeter dans une thèse".
- Elise Cheynet : "Je veux rendre accessible ce que je fais".
- Inès Torres Auré : "Être chercheuse implique de partager ses connaissances".
- Manon Lambert : "J’espère contribuer à rapprocher la science de la société".
- Margot Coisnon : "C’est une porte d’entrée pour permettre des questionnements".
- Romain Borgna : "Cette expérience de vulgarisation oblige à penser en termes simples des concepts complexes".
- Lili Bruyère : "Sortir de sa zone de confort fait partie de la formation d’un chercheur".
- Sasha Darmon : "Prouver que la science peut faire sourire tout en soulevant de vrais questionnements".
- Célia Lacomme : "Il est crucial de comprendre comment les êtres vivants s’adaptent et survivent".
À travers Ma Thèse en 180 secondes, ces jeunes chercheurs démontrent que la science n'est pas seulement une question de chiffres et de données, mais aussi une histoire à raconter, un savoir à partager.


