SANTE

Science et Santé : Les Fondements d'un Système Sanitaire Durable en Afrique

April 15, 2026
Science et Santé : Les Fondements d'un Système Sanitaire Durable en Afrique

Journée mondiale de la santé : L'Institut Pasteur de Dakar et l'OMS en première ligne

Pour célébrer la Journée mondiale de la santé, l'Institut Pasteur de Dakar (IPD) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont mis en lumière le rôle central de la science dans les priorités sanitaires du continent africain. Lors de cette rencontre, experts, décideurs et chercheurs ont réaffirmé que l'investissement dans la recherche est le levier incontournable pour garantir la souveraineté sanitaire de l'Afrique.

Des défis majeurs à relever

Cette rencontre a permis d'aborder plusieurs défis cruciaux du secteur de la santé, notamment :

  • Accès équitable aux soins
  • Innovations technologiques
  • Résilience des systèmes de santé
  • Adaptation aux réalités locales

Dr Ibrahima Socé Fall, administrateur général de l'Institut Pasteur de Dakar, a souligné l'urgence de replacer la science au cœur des politiques publiques. Il a déclaré : « Cette journée est un moment clé pour réaffirmer notre engagement en faveur d'une santé plus équitable, plus résiliente et plus souveraine. »

Une approche inclusive pour une santé universelle

Dr Fall a plaidé pour une approche inclusive : « Une santé pour tous, par tous et partout », fondée sur des preuves scientifiques rigoureuses. Il a insisté sur l'importance de maîtriser l'intégralité de la chaîne de valeur, de la recherche fondamentale à la fabrication aux standards internationaux.

Dans ce contexte, l'approche « One Health » (Une seule santé) est considérée comme essentielle. Cette approche relie la santé humaine, animale et environnementale, rappelant que plus de 80 % des maladies émergentes sont d'origine zoonotique.

Un déficit à combler dans les essais cliniques

Cependant, Dr Fall a mis en avant une faiblesse majeure : « La faible participation de l'Afrique aux essais cliniques mondiaux, qui représente moins de 4 % (et seulement 0,6 % pour les maladies cardiovasculaires) ». Ce déficit limite l'adaptation des traitements aux spécificités génétiques des populations locales, d'où l'importance cruciale des recherches génomiques actuellement menées à Dakar.

L'OMS plaide pour le développement de capacités scientifiques locales

Représentant de l'OMS au Sénégal, Dr Michel N'da Konan Yao a rappelé que la crise du Covid-19 a révélé les vulnérabilités structurelles et les inégalités d'accès à l'innovation. Il a affirmé : « Il ne peut y avoir de souveraineté sanitaire sans capacité scientifique locale, » soulignant que la science est le meilleur rempart contre la désinformation.

Dr Yao a également ajouté que « le Sénégal, via l'IPD, joue un rôle stratégique en tant que centre collaborateur de l'OMS pour le transfert de technologies de pointe, notamment celle de l'ARN messager. »

Quatre priorités face aux nouveaux défis

Face aux nouveaux défis tels que le changement climatique et les maladies non transmissibles, Dr Yao a identifié quatre priorités :

  • Produire des données locales fiables
  • Encourager l'innovation
  • Accélérer la couverture sanitaire universelle
  • Anticiper les risques sanitaires

Le Pr colonel Bécaye Fall, qui a présidé la rencontre, a également souligné qu'aucun système performant ne peut fonctionner sans un socle scientifique solide. Au Sénégal, cette vision est soutenue par la Stratégie nationale de transformation du système de santé 2025-2034, qui mise sur la digitalisation et le renforcement de la surveillance épidémiologique.

Vers une autonomie financière pour la recherche

Cependant, le tableau n'est pas sans zones d'ombre. La dépendance aux financements extérieurs pour la recherche, qui s'élève encore à 85 %, demeure un obstacle majeur à une autonomie réelle. Dr Fall a précisé : « Investir dans la science, c'est investir dans la capacité des États à décider et à agir de manière autonome. »

À Dakar, le message est clair : la souveraineté sanitaire de l'Afrique passera par une recherche forte, ancrée dans les réalités du continent et soutenue par une synergie entre l'État, le secteur privé et la société civile.